Project Zero - La Prêtresse des eaux noires, ça m'a bien plu. C'est à la fois passionnant et super gonflant, mais le plaisir l'a tout de même emporté.
Déjà, j'ai pas trop flippé, et c'était l'objectif premier : me tester et voir si ma trouillardise pouvait encore se frotter à un certain style de jeu d'épouvante "réaliste" ; ça va, ça s'est bien passé lol. Il faut dire que le jeu aide beaucoup à pas flipper. C'est-à-dire que le titre ne ménage pas ses effets, ce qui conduit à les ruiner justement. Gestes trop lents et trop précautionneux, trop d'effets sonores macabres, trop de lieux glauques, trop de fantômes : trop de tout, donc très rapidement, t'es acclimaté et plus rien ne t'angoisse réellement. Ça gagnerait vachement à doser les effets.
Les combats étaient cools, ça reste toujours sympa de combattre les entités avec un appareil photo pour conjurer leur malédiction. Le top du top, c'est la possibilité après une victoire de "toucher" l'esprit vaincu pour obtenir un flash des derniers instants de la personne de son vivant. Ça laisse un curieux sentiment grandissant de sympathie pour toutes ces entités et ça donne beaucoup de profondeur au jeu.
C'est beau, c'est très beau même et la thématique de l'eau fait merveille.
La structure du jeu est bizarre. On alterne entre plusieurs personnages. C'est comme si chacun était prisonnier de sa propre solitude. C'est pertinent vu le thème de l'épisode, mais malheureusement, ça se traduit en de nombreuses missions très similaires les unes aux autres. Et j'en reviens à ce que je disais plus haut : les lieux sont trop glauques, donc finissent assez rapidement par n'avoir plus aucun impact sur toi. Et en définitive, les chapitres les plus angoissants, ce sont ceux se déroulant au "QG" des héros, là où le danger est censé être absent. J'ai l'impression que toute la prod' survival horror devrait se détacher de ce truc de pondre des environnements sinistres : ça ne fonctionne pas, le danger est justement ressenti comme maximal quand il se présente dans un lieu commun.
L'intrigue est assez poignante. J'ai cru que le suicide était le sujet de fond, mais ce n'était qu'un vernis en définitive. C'est presque un jeu sur la compassion et la solidarité, en atteste cette magnifique fin lumineuse et chaleureuse.
L’héroïne deux de tension, les gestes deux de tension, tout deux de tension, c'est non : ce n'est ni immersif ni flippant, c'est simplement totalement gonflant.
Pour poursuivre sur ma lancée, je tenterais bien dans Mask of the lunar eclipse dans quelques temps. Ça semble différent de la Prêtresse, on dirait presque un "mystery game" horrifique, c'est très tentant. Souci : j'ai lu quelque part que c'était encore plus lent, et en effet, après visionnage d'une séquence, mon dieu, on dirait que la nana sort à peine d'un centre de rééducation après un accident de la route 😵 A voir.