J'en profite pour re-poster ça ici, comme j'ai passé un petit moment à le taper:
Un petit retour sur the DioField Chronicles, je lui dois bien ça. Ce jeu ❤️

Certainement pas le GOTY 2022, et pourtant… Cela faisait si longtemps que je n’avais pas autant accroché à un jeu.
Jeu de stratégie en temps réelle avec pause active, c’est comme un Fire Emblem, mais en temps réel, ou un X-COM mais sans les interactions avec le décor, et sans quadrillage. On recrute ses petites troupes, on les équipe, on leur fait gagner des niveaux, on les fait progresser dans leur arbre de compétences, et on les envoie tabasser des ennemis. Entre les missions on peut aller leur faire coucou lors d’une balade dans la caserne qui nous sert de hub. Par contre il n’y a pas d’affinité et on ne peut pas prendre le thé ou pécho. Et ils reviennent toujours même s’ils se font descendre au combat.
Chaque mission s’effectue avec une unité de 8 gus (il y a 16 personnages recrutables), 4 actifs et 4 en support (ils ne sont pas présents sur la carte, mais on peut appeler certaines de leurs compétences, lors du tour d’un personnage actif). Comme dans FE il y a plusieurs types d’unités, on retrouve les classiques assassin, soldat, mage gentil, mage méchant, cavalier, wyverne etc… Les armes équipées décident quelles techniques sont dispo pour quels personnages, et un arbre qui permet de débloquer des armes plus avancées. Chaque classe a aussi son propre arbre de compétence (en plus de celui du personnage) qui débloquera des améliorations pour les techniques/attaques. Enfin on a des invocations qui claquent, avec des animations et tout, et là encore un arbre à faire progresser.
En gros, toutes les mécaniques de progression avancées du jeu reposent sur des arbres. On peut jouer sans, mais le jeu perd de son intérêt. Moi j’aime bien les arbres de progression, donc pour le coup j’étais aux anges <3.
Points positifs :
- Le rythme. Ah ça débite. Le batailles s’enchainent, un petit coup de cinématique, hop 30 secondes, histoire de faire avancer le scénar, et bim la suite, 20 minutes de combat. Sans le système de progression un merdique ce serait un TGV.
- Ce qui amène le second point positif : le jeu n’impose pas de suivre l’histoire ou de passer trop de temps dessus si ça ne vous intéresse pas. On vous donne quelques secondes de narration entre les batailles, et le reste à vous de creuser si ça vous chante. Libre à vous de parler aux PNJs dans la base, de débloquer des dialogues et d’aller faire vos courses et améliorations au magasin. Mais vous pouvez aussi filer tout droit et faire votre popote depuis le menu de préparation des batailles.
Et si ça va trop vite pour vous et que vous n’arrivez plus à suivre le scénario ? Pas de soucis, on a une zone exprès avec de la documentation. Mais l’important, c’est les batailles.
- Ce qui amène le troisième point positif purement subjectif : le scénario. 3 pays, un Royaume, un Empire et une Alliance démocrate vivent dans une paix très précaire, quand soudain l’Empire décide d’aller grignoter les voisins (toute ressemblance avec un certain épisode de L’emblème de Feu serait fortuite). L’histoire suit l’ascension d’une milice privée d’un noble du Royaume, qui dans ce contexte un peu fumeux va tenter d’étendre son influence. Le tout sur fond de complot, trahison, rébellion, vengeance à répétition, et une Eglise avec un Archevêque qui a la folie des grandeurs (tout ressemblance serait fortuite, vraiment). Il y a des intrigues dans tous les sens, c’est une vraie boule de nœuds par moment même.
Rien de bien nouveau en somme, et pourtant… j’ai adoré
Peut-être est-ce le rythme ? Ou la narration ? Ou les personnages, pas forcément originaux, et même plutôt sobres (pas de loli, pas de moe, pas de dark Sasuke, mais plutôt Pierre, Paul et Michelle qui bossent comme mercenaires pour gagner leur vie). Pas de pouvoir de l’amitié, par de pouvoir de l’amour, juste des gens qui rejoignent la milice avec leur propre motivation, et qui se barrent si jamais ça ne leur plaît plus. Un peu de personnalité mais pas trop, tout dans la sobriété (sauf peut-être Waltaquin… elle est un peu spéciale dirons-nous). Et j’ai trouvé ça très cool, presque rafraichissant.
- Les arbres de compétence. Là encore, c’est très subjectif, mais… des arbres, des arbres partout ! Plein de leviers pour améliorer ses petit soldats 🥰
- Les cinématiques pré calculées. Clairement on est sur de la cinématique pré calculée de l’aire PS2-3, mais… bon sang que j’aime ces petites cinématiques 😍
- Le design des personnages. On a des beau dessins 😊
- Ça tourne bien sur Switch. Quelques passages ou ça rame sur les effets pyrotechniques (genre les invocations), mais sinon c’est clean. J’ai vu des gens critiquer les graphismes pauvres, mais quand on compare à FE 3 Houses il n’y a pas photo. Je trouve Diofield beaucoup mieux.
Points négatifs :
- Le plus gros point noir du jeu selon moi : Les farm/grind/pertes de temps à recommencer de cartes pour avoir son unité au niveau. Quelle horreur… Comment ils ont pu rater ça à ce point ? Aucun dev n’a essayé d’aller au bout du jeu ce n’est pas possible… Ils se seraient rendu compte sinon que sur la deuxième moitié l’équilibrage des niveaux personnages/cartes est aux fraises. Et ce n’est pas comme si recommencer les cartes c’était fun. La première fois où découvre la carte, où l’on des petits objectifs pour gagner des point d’arbres oui. Les suivantes NON.
De plus, comme on a que 8 gus sur le terrain sur 16, pour avoir les 16 au niveau c’est tout sauf fun. Surtout que sur les 8, il y a les 4 actifs, qui touchent une quantité d’xp correcte, et les 4 en support qui touchent des miettes… Déesse Hylia que c’est frustrant…
- Le second point qui fâche : il n’y a aucune interaction avec le décor, à quelques exceptions près (« oh, que vois-je ? Ne serait-ce pas un joli tonneau de matières hautement inflammables à côté des ennemis ? »). Pas de notion de verticalité non plus. La carte est juste là pour servir de plateau, mais rien d’autre. Que l’on soit dans une plaine dégagée, à flanc de montage enneigée, ou dans des catacombes, OSEF, on se bat pareil. Le minimum du minimum. On enlève un gros potentiel aux décors, et on permet à la lassitude de s’installer plus vite. Surtout quand il faut recommencer pour entrainer ses troupes…
- Les musiques c’est très pauvre. Une seule musique de bataille pour tout le jeu + 1 pour le boss final. La fin de l’abondance.
- Le chapitre final est expédié à la vitesse de la lumière. C’est très brusque. A l’image du jeu, expéditif, mais j’avoue que je n’aurais pas été contre une ou deux batailles en plus pour rendre ça plus marquant.
Point neutre :
- La prise en main des contrôles. Autant j’ai râlé sur la démo, autant sur le jeu final, ça s’est plutôt bien passé. Je ne saurais pas dire si c’est mauvais ou non.
En résumé : jeu plutôt classique, qui ne casse pas trois joy-cons à une Switch. Pas forcément marquant, pas forcément mémorable, essentiellement du vu et revu. Pas de grains de folie, ni quoi que ce soit qui fait que le jeu se démarque.
Et pourtant j’ai kiffé. Il n’avait rien de spécial de jeu, je l’ai lancé sans en attendre beaucoup, et effectivement il n’a pas apporté plus que prévu. Et malgré tout pas moyen de lâcher la console. Alors même que je l’ai lancé après 6 mois à jouer des jeux pour jouer, sans vrai coup de cœur (pour ceux qui en doutait encore, je n’ai pas aimé du tout Twilight Princess). Alors que je me demandais même si ma période jeu n’était pas passée, si ma Switch n’était pas vouée à être ma dernière console. Et là, paf, le coup de foudre 💘
C’est beau. Merci Diofield. A jamais tu resteras un jeu moyen dans la pléthore de titres Square Enix sortis en 2022. Tout le monde t’a sans doute déjà oublié d’ailleurs. Mais sache que tu auras toujours une petite place dans ma ludothèque.