Saviez-vous que Hayao Miyazaki avait pitché une idée de jeu à Shigeru Miyamoto ?
Durant une interview croisée en 1992 pour un magazine japonais, les deux créateurs évoquent leur art respectif.
Si Miyamoto apprécie grandement les films de Miyazaki, ce dernier n’est lui pas un grand joueur, mais malgré cela Miyazaki va évoquer son idée de jeu.
Miyazaki imagine un jeu prenant place durant la Seconde Guerre mondiale.
Nous jouons donc un soldat japonais qui doit partir au front, et sans surprise le soldat est un aviateur.
L’objectif serait donc d’aller bombarder un porte-avions américain dans l’océan Pacifique.
Jusque-là le concept peut sembler assez simple, mais c’est là que Miyazaki ajoute un élément surprenant : vous n’êtes pas obligé de monter dans votre avion.
Alors que faire ? Miyazaki propose que le joueur puisse simplement déserter.
Par exemple, vous pourriez vous cacher sur une île, faire pousser des légumes et vous créer un abri en attendant la fin de la guerre.
Miyazaki évoque alors d’autres options : vous pourriez certes réussir votre mission, mais vous pourriez aussi vous retrouver prisonnier.
Vous pourriez aussi simplement rater la mission en mourant, ou si vous n’avez pas vérifié l’état de votre avion.
On comprend alors l’idée de Miyazaki.
Dans la même interview, il explique que ce qui le dérange dans le jeu vidéo est le fait qu’il y ait “un bon chemin” dans les jeux, en gros le fait que le joueur aurait une bonne chose à faire.
L’idée de Miyazaki est celle d’un jeu à choix libre, mais surtout sans bon choix à ses yeux. Juste des choix narratifs : obéir aux ordres, réussir ou rater sa mission, fuir et attendre la fin de la guerre…
En fait, le pitch de Miyazaki est celui d’un jeu de guerre dans lequel les possibilités offertes seraient celles possiblement vécues par un vrai soldat durant la guerre.
Il n’y a pas de “bon choix”, juste des possibilités sur comment vivre ce conflit.
Néanmoins, Miyazaki n’est pas un game designer, et on le sent.
Il ne détaille pas de réels éléments de gameplay, ou alors ce sont des choses inutilement complexes et peu ludiques. Ses idées sont avant tout narratives.